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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 19:25

L’île de Pâques qui répond localement au beau nom de Rapa Nui, est de ces lieux que l’on aborde avec un respect immense, la honte chevillée au  cœur. Respect face à cet îlot du bout du monde où des peuples polynésiens ont eu la force de s’implanter pour y créer l’inimaginable.  Honte sans issue face à l’arrogance de l’homme blanc qui, une fois encore, a détruit sans pitié ce microcosme fragile en imposant des souffrances incommensurables aux populations natives.

Nous arrivons le jeudi 11 avril au petit matin, sous des vents de 25 nœuds près des rivages de l’île. Contact pris avec l’Armada, nous apprenons que les vents de nord-ouest interdisent tout mouillage à Hanga-Roa, le seul village de l’île et nous décidons de nous arrêter sur la côte sud dans la splendide baie de Hotuiti, la plus protégée. Les déferlantes vont bon train sur le rivage, la lande montagneuse du Rano Raraku miroite au soleil et quinze moais -statues de pierre- à l’alignement impeccable reposent sur leur ahu -le socle sacré sur lequel ils se dressent avec fierté. Qu’ont-ils à nous dire ces ancêtres divinisés, eux qui ont vu tant de choses ? L’appel éperdu d’un peuple désespéré sur ce petit bout de terre cerné par les vagues du Pacifique ? Nous ne le saurons jamais et le mutisme qu’ils opposent à notre curiosité et le regard vide qu’ils nous adressent, semblent transmettre à jamais le reproche infini du peuple Rapa-Nui.

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                                                                            Baie de Hotuitu (1er mouillage)

Deux bateaux amis, Sérénité et Grey Pearl, sont présents dans la baie et nous communiquent par VHF des précisions facilitant notre mouillage. Visiter l’île en venant de la mer est un peu « rock and roll » comme dit Catherine et les embarquements et débarquements sont passablement  chahutés. Mais quel privilège que celui de ces vues du large successivement offertes par les baies de Hotuiti, au sud puis plus tard, de Anakena au nord, face à des sites archéologiques et des rivages d’une exceptionnelle beauté !

Nous visitons l’île en compagnie de Christophe, un guide français  recommandé par Arielle, Elisabeth et Jean-François qui ont séjourné sur l’île en février dernier.

 

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                                                           Des auditeurs attentifs...

Le site est fascinant de mystères, de beautés architecturales, de sens du sacré. Les paysages verdoyants et les ondulations des volcans donnent un cadre somptueux à ce musée à ciel ouvert balayé par la douceur d’un climat subtropical aux ondées sporadiques.

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                                                                Site de Tonga Riki

 

En cours de séjour, nous changeons de mouillage, la météo annonçant de forts vents du sud, et rejoignons au nord la spendide baie d'Anakena où nous attendent cinq moais coiffés de leur pukao. Plage de sable et cocotiers donnent à ce site historique -lieu de débarquement des premiers polynésiens- des airs enchanteurs.

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Durant la traversée, nous avons « potassé » notre sujet : « Fantastique île de Pâques » de Christian Mazières et «L’île de Pâques » de Christian Zuber, mais aussi un numéro spécial du National Geographic que nous a procuré notre amie Jacqueline,  « L’île de Pâques, la mémoire retrouvée », l’excellent article de notre ami Philippe Valetoux publié dans la revue de la Société Havraise d’Etudes Diverses déniché par notre amie Christine et par « Le peuple de l’océan » un livre magnifique sur l’art de la navigation polynésienne écrit par l’Amiral Desclèves et offert par notre même ami Philippe. Merci à eux tous !

Nous alternons visites des différents sites de l’île et petites obligations des escales qui sont le seul fait du village d’Hanga Roa. Nous ne savons jamais où nous serons le lendemain car ici ce sont les  vents qui, chaque jour, commandent les lieux de mouillage.

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Lundi, une excellente soirée à terre conclue par un très impressionnant spectacle Rapa Nui, se termine par un retour délicat à bord. Le vent est monté et la mer est agitée. Nous passerons la nuit à veiller le mouillage sous des vents qui montent jusqu’à plus de 40 nœuds et sur des vagues qui rendent le sommeil impossible.  Notre départ prévu mardi 16 avril est de ce fait reculé de 24h car le débarquement en annexe est inenvisageable et il nous faut impérativement retourner à Hanga Roa pour procéder à nos formalités de sortie et faire quelques courses indispensables avant de pouvoir lever l’ancre.

La météo de ce mercredi prévoit un vent de sud-ouest de 20 nœuds tout à fait adapté à notre navigation. Rejoindre les îles des Gambier, situées à 1600Milles, vont, elles aussi, exiger leur dizaine de jours de mer. Ensuite nous ferons route vers Tahiti où nous devons arriver pour la mi-mai, date du retour de Catherine et François pour la France et d’arrivée d’Elisabeth à Papeete.

PS : les quelques photos que nous avons pu télécharger sont dans l'album S4-6 Robinson Crusoé et Pâques

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 20:53

Le mercredi 27 mars, nous nous apprêtons à quitter le Chili continental pour une sortie qui s’égrène en pointillés dans le Pacifique via l’archipel Juan Fernandez, puis l’île de Pâques. Sur les pontons du club d’Higuerillas, les marineros, peu habitués à l’accueil de bateaux étrangers, nous transmettent des marques de sympathie chaleureuses. Les formalités d’usage, habituellement longues et fastidieuses, se déroulent dans des conditions incroyables de confort, de courtoisie et d’efficacité : invitées par le club à se présenter à bord, la douane et l’émigration viennent à l’heure annoncée, quant au Zarpe, le document de départ qui doit faire l’objet d’une validation par l’Armada, il nous est octroyé après simple échange de mails entre secrétariat du club et marine nationale. Du jamais vu ! Le Jumbo, l’hypermarché chargé de la livraison des produits frais du bord est malheureusement plus approximatif dans sa gestion logistique mais en début d’après midi nous pouvons nous déclarer près pour le grand départ.

La mawada -temps de brume sans vent- s’est incrustée depuis le matin et jusqu’à 23h30 nous sommes contraints de recourir au moteur. Puis le vent se lève dans les 8-10 nœuds pour monter progressivement à 15 nœuds et atteindre 25-30 nœuds dans le milieu de journée du jeudi ce qui nous permet de poursuivre à une moyenne appréciable de 8-9 nœuds le reste des  370 milles nautiques qui nous séparent de l’archipel de Juan Fernandez. Celui-ci est essentiellement composé de deux îles: Robinson Crusoé à l’est et Serkik à l’ouest. Leurs noms sont liés à l’histoire vraie d’Alexander Serkik transposée par Alan Defoe dans son célèbre roman d’aventures « Robinson Crusoé ».

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Rien ne vaut le court résumé que fait Alain Jaubert de cette aventure dans son roman « Val Paradis » :

« Grand navigateur, flibustier, grand écrivain, scientifique botaniste, Dampier s’est intéressé aux courants marins, aux vents. Il avait commencé dans la marine britannique. Après il a suivi des flibustiers. Il est revenu servir sous le Capitaine Cook. Il a fait le tour du monde. Il avait un caractère de cochon. Inimaginable. Au point qu’un jour on l’a débarqué sur une île ! Capitaine tyrannique, il est passé en cour martiale et se fait corsaire.

En 1708, il s’engage comme pilote dans l’expédition de Wooders Rogers vers la mer du Sud, le Pacifique. Après le passage du Horn, lui et Rogers font escale dans une île de l’archipel Juan Fernandez. Juste en face, à 700km de Valparaiso. Et là, ils tombent sur un homme poilu, chevelu, vêtu de peaux de chèvres. Un certain Alexandre Serkik, ancien maître d’équipage à bord du Cinque Ports, un navire qu’avait commandé Dampier bien des années plus tôt. Selkirk, d’origine écossaise avait lui aussi très mauvais caractère. Quatre ans auparavant, il avait eu un différend avec son capitaine et avait préféré courir sa chance dans cette île déserte plutôt que de rester sur un navire qui prenait l’eau. Il n’avait que son coffre de marin, sa literie, un fusil, de la poudre, des balles, du tabac et une bible. Il y avait des chèvres et il mangea des chèvres. Il y avait des tortues et il mangea des tortues… Vous connaissez la suite. Il s’installa un logement confortable et ne s’ennuya pas un seul jour.

Dampier et Rogers embarquent Selkirk, le ramènent à Valparaiso d’abord puis plus tard à Londres. Son histoire racontée à son retour, frappa l’imagination d’un troisième homme à caractère de cochon, Daniel Defoe. Defoe, commerçant, aventurier, spéculateur, espion, journaliste, pamphlétaire politicien, conseiller royal… il a connu le pilori et la prison. En 1719, il publie Robinson Crusoé, le plus grand succès de librairie du XVIIIème siècle. Le roman d’aventures à la première personne ! L’île déserte ! »

Encore faut-il préciser que Defoe a situé son roman, non pas dans les îles chiliennes de Juan Fernandez, mais dans les Caraïbes d’où une description de l’univers de Robinson qui n’a pas grand-chose à voir avec la réalité des hautes îles volcaniques de l’archipel de Juan Fernandez.

Cette histoire aux allures mythiques nous confronte à la question de l’isolement et de la solitude extrêmes, à nos modes de civilisation et de socialisation, à la relation à l’autre, à l’appréhension de la nature et du monde du vivant. Michel Tournier dans « Vendredi ou les limbes du Pacifique » a repris ce thème en explorant l’évolution de la relation entre Robinson et Vendredi qui, de maître à esclave, se fait peu à peu rapport d’égal à égal. Patrick Chamoiseau dans « L’empreinte à Crusoé », publié en 2012, reprend l’histoire pour en faire un conte psychologique et philosophique magnifique.

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Notre arrivée sur l’île Robinson Crusoé a lieu le vendredi (bien sûr !) vers 17h après une traversée bien inconfortable. Une navigation assez près du vent et une mer décousue font souffrir quelques dos et agacent les estomacs d’un équipage non encore amariné. Nous abordons le mouillage, sous le soleil et bon vent, avec une pensée toute particulière pour le héros du lieu. L’île a perdu son caractère désertique mais n’est peuplée que de quelques centaines d’habitants qui se consacrent à la pêche à la langouste dont livraison nous est promise à bord en lieu et place de l’agneau pascal. Une petite exploration à terre le vendredi soir permet de prendre un contact sommaire avec le petit village.

Le samedi matin, nous nous réveillons dans le pot de chambre de Robinson Crusoé : une pluie abondante s’est abattue sur l’île nous offrant l’opportunité d’une matinée reposante mais le ciel se découvre en milieu de journée et nous permettant de  nous dégourdir sur les chemins d’Alexandre.

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Nous cheminons vers les miradors de Selkirk, d'où nous pouvons imaginer les temps d'attente et d'observation, les moments d'espoir et de désespoir... A mi-côte, quelques pierres marquent les fondations de la maison située à proximité d'un ruisseau. Les pêcheurs ne livreront pas les langoustes à bord, pour cause probable de mauvais temps.

Nous prévoyons un départ dimanche matin, jour de Pâques, pour rejoindre, si le vent le permet, l’île du même nom découverte par un amiral hollandais qui, arrivé le 5 avril 1722, jour de la fête pascale, l’a dénommée « Paasch Eylandt ».

Rien n’est moins sûr que notre débarquement sur l’île dont nous pouvons être détournés soit par les conditions anticycloniques qui règnent très souvent aux alentours de l’île et qui nous obligeraient à trop de journées de moteur, soit au contraire par des conditions de vent et de mer qui rendraient l’abordage impossible.

 

PS : les quelques photos que nous avons pu mettre en ligne sont sur l'album S4-6 Robinson Crusoé et Ile de Paques

 
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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 19:29

Ils sont arrivés ! Très attendus, Catherine, François et Dominique ont mis pied à bord ce lundi pour six semaines de navigation entre les îles : en premier lieu les chiliennes Robinson Crusoé (toute une histoire…) et Pâques, puis la Polynésie française abordée par les Gambier. Seuls impératifs du calendrier, le départ programmé de Catherine et François de Tahiti pour la Bretagne le 12 mai, l’arrivée à bord d’Elisabeth le 15 du même mois et enfin le retour du team Alioth en métropole le 12 juin pour une courte période de deux mois et demis.

Comme de coutume, les préparatifs ont été intenses tant pour l’équipe du bord que pour les arrivants. Dominique, revenu en France pour l’assemblée générale de la Fédération Française de Voile, a réussi, entre deux validations de comptes, à faire le plein des pièces détachées. L’inverseur particulièrement désiré, a été monté avec succès -et transpiration- par le mécano ce matin , laissant espérer un retour du moteur à plus de performance. Les voiles qui ont séjourné un mois chez le voilier ont repris place ce lundi effaçant la curieuse sensation ressentie ce dimanche de se savoir, à deux jours du départ, dépourvus et de voiles et de moteur !

Assurer une quasi autonomie alimentaire d’une dizaine de semaines pour cinq personnes est une équation qui nécessite réflexion et dans laquelle Jérôme, notre coéquipier du mois de février, a apporté une note très appréciable : pain du Fournil qui attendait Dominique à la boutique de l’aéroport et vin de la Vinoteca de Viňa del Mar à laquelle Luc a eu accès à des conditions fort amicales. Le plein de courses a été « vraiment phénoménal » et responsable d’un stress indéfinissable lors de la confrontation, sur le ponton, entre volume des vivres à embarquer et estimation de la place disponible. Mais avec un peu d’imagination et  d’investigation, chaque chose a fini par trouver sa place à bord.

Luc et moi avons eu le plaisir d’être reçus à Viňa del Mar chez nos jeunes amis Andrea et Alexander en compagnie de leur tante Karine qui nous avait invités l’an dernier dans sa maison patagonienne de Puerto Consuelo et en compagnie de laquelle nous avons effectué la seule randonnée équestre de notre longue existence. Andrea abandonne sa vie de diététicienne pour entamer ses études de droit, Alexander achève son cycle de formation de pilote de l’air de l’Armada chilienne en juin prochain et Karine écrit un ouvrage sur l’histoire de son célèbre ancêtre,   Hermann Eberhard, pionnier allemand qui, fuyant l’armée prussienne dans laquelle son père l’avait enrôlé sous la contrainte, est venu avec femme et enfants s’installer aux Maldives, puis en Patagonie argentine, puis à Puerto Consuelo pour se consacrer à l’élevage du mouton. Ximena, que nous avions rencontrée dans le même contexte, nous a rejoints lundi pour la soirée d’accueil de l’équipage et a passé joyeusement une nuit à bord avant de reprendre le chemin de Santiago.

Une fois n’est pas coutume, nous publions ici, le texte d’un message reçu de notre ami Bernard qui avait envisagé de nous rejoindre à Valparaiso en compagnie de Béthou et qui participeront peut-être l’un et l’autre à notre navigation polynésienne. L’auteure très modeste de ce blog mesure la distance qui la sépare d’une plume si alerte…

 

 « Chers grands voyageurs,

 La SNCF, institution dont la réputation n'est plus à faire, m'a fait don d'une carte "Senior", ce qui m'irrite un peu, preuve étant par là rapportée que ces bains réguliers que je prends dans la fontaine de Jouvence sont inopérants et que l'âge m'atteint, quoique je lui défende de m'approcher... et, pour compenser sans doute cette méchanceté à mon endroit, ladite SNCF m'a fait le don d'une deuxième carte, plus sympathique, dite "Grand Voyageur" - ils savent qu'il y a en moi de l'aventurier qui sommeille !

Je me permets de souligner que Béthou - qui est pour moi comme un alter ego - son point de vue personnel est que je serais plutôt pour elle un boulet - dispose, par la même générosité, des mêmes cartes fournies la même SNCF.

Cet aventurier que j'avais décidé d'être (il est vrai qu'au temps de ma folle jeunesse et des aventures germanopratines cette destinée avait de quoi séduire l'âme malléable que j'étais) aura finalement cédé au pantouflard qui, également, contre lui, se disputait en moi à qui serait le maître.

Tisonner, lire Télérama, déplorer sur l'état du monde et la décadence des sociétés modernes, bougonner sur le prix des poireaux, m'alarmer sur l'évolution de la conduite des jeunes filles... tout cela fait désormais mon lot alors que j'aurais pu, à l'instar d'un Siegfried, d'un Rodrigue, d'un Achille choisir une destinée audacieuse et accomplir ces hauts faits que les épopées versifiées nous exaltent.

De temps à autre, je pousse des cris dans ma baignoire, c'est pour faire semblant et que je soupire de n'être pas à Valparaiso, après avoir affronté et les vents et les mers (et nous a raconté la délicieuse Elisabeth, les pannes de moteur...) en votre auguste compagnie...

Je suis heureux de vous savoir parvenus à ce port mythique (ou à Viňa del Mar, voisin) et suis confus à votre endroit d'avoir abdiqué sans honneur la volonté que j'avais de vous rejoindre dans cet hémisphère que la Croix du Sud féconde de son sidéral éclat...

Sachez que j'aurais aimé vous retrouver là-bas et qu'il me faudra, pour ne pas manquer un rendez-vous pourtant prévu de longue date, vous rejoindre ailleurs sur le globe. Tahiti ? Béthou qui y a vécu de belles années, avant que je ne lui impose la modestie de cette vie lymphatique, serait heureuse d'y retrouver le rythme des ukulélés sous les mangroves arborescentes, les bains joyeux dans les atolls de corail azurés, l'arbre à pain dégusté à même le végétal...

Sur votre route, il y aura Clipperton, possession française, que je ne crois pas être desservi par les longs courriers d'Air France. Difficile peut être de se rencontrer là-bas ?

 Béthou et Bernard »

J’espère que notre ami Bernard aura la sagesse de bientôt prendre sa retraite. Outre le temps dont il disposerait alors pour nous rejoindre à bord, il aurait tout loisir d’initier, dans la bonne ville de Saint Vaast la Hougue dont chacun connaît le si fameux Festival du Livre « Encres & Ancres », des stages d’écriture bien utiles au perfectionnement de ma prose.

Si vous voulez suivre Alioth, vous pouvez enregistrer le lien suivant dans vos favoris : http://www.stw.fr/localisation/show-position-bateau.cfm?user_id=29041

Joli printemps à tous, pour nous c’est un bien bel automne qui s’annonce.

Ch

PS : pour les photos ce sera pour la prochaine fois...

 

 

 

   



[1] Ne pourrait-on pas tout autant s’effarer de la conduite des jeunes gens ? NDLR

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 19:54

 

Arielle et Dominique rentrés sur Paris après avoir effectué différentes explorations de l’Amérique du sud (désert d’Atacama, Ile de Pâques, Machu Picchu) en compagnie d’Elisabeth et Jean François qui furent nos premiers co-équipiers de la saison, nous avons Luc et moi, abandonné Alioth durant un petit mois, pour entreprendre une promenade de terriens sur le chemin des Incas. Il nous a suffi d’une carte d’Amérique du sud, d’un guide (rapidement perdu en cours de route), d’un sac à dos chargé de quelques affaires (moins de 10kg chacun) et du fantastique réseau de bus qui sillonnent l’Amérique du sud pour remonter de Valparaiso au nord du Chili, puis traverser les Andes pour rejoindre le nord de l’Argentine, de là passer en Bolivie puis au  Pérou pour redescendre enfin à Valparaiso. 

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Voici des petits chapitres illustrés que vous pourrez parcourir selon vos centres d’intérêt.


Les Andes

Les Andes sont la colonne vertébrale de l’Amérique du sud. Elles s’étendent sur 7000km, du nord au sud du continent et culminent au mont Aconcagua à 6959m d’altitude. Il y a quelques centaines de millions d’années, l’Amérique du Sud n’était qu’une immense plaine, partiellement envahie par les eaux de l’Atlantique.

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Contrairement à ce que l’on pense, surtout lorsqu’on vit en France où le sol est particulièrement stable, la terre, animée par le magma qui brûle en son centre, est en constante évolution. C’est ainsi que la plaque tectonique de Nazca, située au fin fond du Pacifique et dont le mouvement pousse toujours actuellement vers l’est, est venue, à une époque très ancienne, buter sur le continent sud américain, compressant la terre et provoquant la formation de la Cordillère des Andes.

C’est ainsi que de nombreux volcans se sont formés : il y en a 150 en activité au Chili, soit 10% des volcans actifs de la planète. Dans ce type de terrain, les failles de la croûte terrestre laissent apparaître des geysers sous forme de fumeroles ou de jets d’eau bouillonnante provenant du contact des eaux de pluie infiltrées avec un sous-sol constitué de pierres très chaudes.

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Si l’eau sort le plus souvent à 80 ou 85°, on peut aussi se baigner à 4000m d’altitude dans des piscines d’eau naturelles à 35°.

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Il arrive également que ce soit de la pierre en fusion qui s’échappe sous forme de grosses bulles de chewing-gum grises qui éclatent à la surface.

Lors de la formation des Andes, l’eau de l’Atlantique, piégée entre les sommets, a par ailleurs donné naissance à de gigantesques lacs d’eau salée. L’eau s’est évaporée petit à petit laissant sur place d’immenses étendues de sel qu’on appelle, les salars, dont certains sont lourdement menacés par l’exploitation du lithium, très utile à l’industrie électronique et qu’on trouve ici en très grande quantité.

Hormis ces particularités, il faut souligner qu’une bonne partie de ce magnifique territoire est totalement désertique. Lors de notre voyage de retour, nous avons traversé environ 2000km de déserts, parfois ponctués d’oasis, mais aussi souvent équipés d’installation minières assez tristes (et laides) destinées à l’exploitation des matières premières dont le sous-sol est riche (cuivre, argent…).

P1040592                                                                Dans le désert, un restaurant qui porte mal son nom....

 

 

Les dinosaures

Revenons à l’époque où l’Amérique du sud n’était qu’une vaste plaine. Il y a 235 millions d’années y apparurent des animaux que beaucoup d’entre vous aimez voir au cinéma ou sous forme de jeux électroniques mais redouteraient de rencontrer en réalité (à vrai dire, nous aussi) : les dinosaures.

En Bolivie, existe un site tout à fait exceptionnel, qui permet de voir des traces de dinosaures fossilisées.  On décompte ainsi sur une paroi de plusieurs centaines de mètres de large 5055 empreintes de pattes (dont certaines font 70cm de diamètre) et 462 cheminements continus de 8 espèces différentes de ces géants du monde animal. La route habituelle qu’ils empruntaient à l’époque s’est trouvée soulevée lors de la formation de la Cordillère des Andes pour se retrouver inclinée à 70° du sol ce qui permet d’en faciliter l’observation.

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Un musée reproduit, à proximité de la paroi, des dinosaures en taille réelle sous forme de « térépodes » aux petites pattes courtes à l’avant (comme les kangourous), de « titanosaures » qui, comme leur nom l’indique, sont les plus grands, les «anquilosaures » qui ont de grosses écailles saillantes sur le dos… On y apprend, mais peut-être le saviez-vous déjà, que les herbivores ont des grosses pattes type pattes d’éléphants alors que les carnivores sont dotés de doigts griffus : logique quand on y pense !

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Il  y a 65 millions d’années, une énorme météorite s’est écrasée dans le golfe du Mexique (entre Amérique du nord et Amérique du sud) créant un gigantesque tapis roulant de fumée et de poussière qui a parcouru tout le territoire comme un ouragan et marqué l’extinction des dinosaures. Seuls les dinosaures ailés ont pu survivre donnant ainsi naissance aux oiseaux : jolie fin de l’histoire !


Les habitants

Les natifs d’Amérique sont des indiens -ainsi dénommés par Christophe Colomb qui, parti vers l’ouest, se croyait arrivé en Inde sans se douter que bien des terres et mers le séparaient encore du continent asiatique. Les Indiens ont pris l’habitude de vivre en grande altitude car, compte tenu de la latitude, la végétation pousse ici jusqu’à 5000m.

Les natifs de ces régions font perdurer leurs traditions : des costumes très colorés, de grandes fêtes masquées en l’honneur de la lune ou du soleil accompagnées des rythmes et musiques des Andes dans laquelle la flûte de Pan a une place privilégiée. Ils ont un savoir faire tout à fait extraordinaire dans la confection de textiles tissés à partir des laines de lamas, de vigognes ou d’alpacas.  

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                                                                                   Masques du soleil et de la lune

 

Les choltas, les femmes qui s’habillent de manière traditionnelle,  portent des jupes plissées qu’elles superposent en plus ou moins grand nombre selon la saison car il peut faire très froid l’hiver sur l’altiplano, la région des hauts plateaux qui se situe à 4000m au milieu de la Cordillère. L’awayo est un grand morceau de textile tissé et carré, très coloré qu’elles mettent sur leur dos pour porter leurs jeunes enfants, les légumes destinés au marché ou tout simplement leurs affaires (mais pas forcément tout en même temps !)…

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Elles ont, surtout en Bolivie dans la région de La Paz, la capitale la plus élevée du monde, une tradition de port d’un petit chapeau melon sur le crâne. Il est très petit pour leur tête et tient sans aucune attache ce qui relève d’un certain sens de l’équilibre. Ces petits chapeaux melon sont le résultat d’une drôle d’histoire. Il y a bien longtemps de cela, un colon installé en Bolivie avait commandé en Europe des chapeaux melon mais le fournisseur s’étant trompé dans la commande, il reçut des chapeaux en telle quantité qu’il ne savait qu’en faire. Alors il lança la nouvelle que ce chapeau était le tout dernier accessoire féminin à la mode en Europe et qu’il fallait absolument s’en procurer : c’est ainsi que les femmes, victimes d’un boniment de commerçant, ont fait de ce chapeau une des caractéristiques de leur toilette… Mais tout ceci se perd et les femmes jeunes revêtent de plus en plus souvent la tenue internationale, jean et tee-shirt, commune aux habitants des quatre coins de la planète.

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Les enfants sont bruns aux yeux noirs, légèrement bridés. Si notre petite fille Charlie pouvait facilement se faire passer pour une habitante des hauts plateaux des Andes, nos petits fils Alexandre et Raphaël,  les petits blonds aux cheveux frisés, ne cesseraient d’intriguer dans le paysage. Les enfants vont à l’école en uniforme et le plus souvent dans des établissements séparés : les filles d’un côté, les garçons de l’autre. Là-bas aussi, il arrive parfois aux enfants d’être en retard…

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Dans une école de Potosi (Bolivie) où nous sommes autorisés à entrer, le surveillant général malgré son grand bâton rouge a l’air bien débonnaire et les garçons sont très fiers que nous les prenions en photo.

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Ici des petits enfants en costume traditionnel posent pour la photo. En revanche eux sont tristes. Ils sont d’une famille très pauvre et leurs familles les habillent ainsi pour que les touristes les prennent en photo. Le tourisme a des effets qui ne sont pas toujours très positifs et on s’interroge pour savoir s’il vaut mieux donner un peu d’argent ou ne pas encourager ce genre de pratique…

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Les Incas

Peut-être avez-vous déjà entendu parler des Incas et du monde pré-Inca ? Ne serait-ce qu’en lisant « Tintin et le temple du soleil » ?

Il s’agit d’une civilisation de peuples indigènes qui vivaient essentiellement dans les Andes centrales et qui a été victime de la colonisation espagnole à la suite de la découverte des Amériques par Christophe Colomb. Beaucoup de mythes fondent cette société dont le berceau serait situé au niveau du lac Titicaca, un immense lac d’eau douce de 162 km de long et 65 km de large, le plus haut du monde, qui s’étend entre la Bolivie et le Pérou. Les Incas, du XIIème au XVème siècle, ont intégré de nombreuses populations -si possible de manière consensuelle, mais sinon par la force…- jusqu’à créer un empire allant du sud de la Colombie au sud de Valparaiso. Ils ont construit un énorme réseau de chemins, de villes et de sites aux très grandes qualités architecturales et aux palais richement décorés d’or, d’argent et de pierres précieuses. Leurs sites les plus célèbres, dont le Machu Picchu, sont localisés au Pérou.

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Fins observateurs astronomiques, les Incas ont intégré leur univers terrestre aux données de l’univers cosmique : soleil et astres commandaient l’orientation des bâtiments et la disposition des sites clés de l’empire. Ils ont par ailleurs développé le génie agronomique de leurs ancêtres, lié leur mode de vie à la nature et fait preuve d’une très grande intelligence dans l’organisation de leur société.

Parmi les divinités Incas, figuraient les montagnes. C’était en effet de ces dernières que provenaient les nuages et la pluie, les orages et les éclairs et les Incas leur portaient une véritable vénération. Ils considéraient que les montagnes, dotées de pouvoirs surnaturels, pouvaient se déplacer. Une légende qui nous a été racontée dans le désert d’Atacama au nord du Chili, illustre bien ces croyances. Il s’agit de l’histoire des « dos hermanos », les « deux frères » -mais cette fois, ne vous y trompez pas,  il ne s’agit pas de Dominique et Luc !

Los dos hermanos ce sont le Licancabur et le Juriques deux montagnes voisines situées du côté ouest de la vallée de la lune, un immense désert salé au paysage lunaire de l’autre côté duquel se trouve le Quimal que l’on n’aperçoit que de manière très éloignée sur la photo suivante mais qui ressemble un peu à une grosse montagne avachie, vous allez voir pourquoi.

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Voici en effet l’histoire que racontaient les Incas à leur propos. Les deux frères, qui étaient de taille semblable, ne cessaient de défier le Quimal en affirmant que leurs sommets étaient les plus élevés. Celui-ci, ne se laissant pas impressionner, soutenait le contraire. Les deux frères passèrent à l’attaque  mais le Quimal se défendit vaillamment et ils revinrent chez eux penauds. Pour se venger le Quimal prit sa hache, se dirigea vers le Licancabur et lui donna tant de coups qu’il en garda de profonds sillons. Puis il se dirigea vers le Juriques et d’un coup de hache décapita son sommet. Alors le Licancabur rentra dans une très grande colère, il partit voir le Quimal et le heurta à la poitrine avec une telle violence que celui-ci s’effondra à moitié en se tassant sur place. Voici des désordres bien étonnants pour des divinités : on dirait presque des histoires humaines…

Nous devons souligner que demeure à Quettehou, au moins en résidence d'été, un grand expert des civilisations pré-colombiennes, notre ami Jean-François, qui nous a fourni une très intéressante documentation sur le sujet avant notre départ.


Les animaux

Dans les Andes centrales vivent des caméléidés (c'est-à-dire des animaux de la famille des chameaux et dromadaires) : dans le sud nous avions rencontré des guanacos ; ici vivent des lamas (les plus rustres), des vigognes et des alpacas.

P1040348                                                                                               Lama

 

Il est amusant de savoir comment les lamas ont hérité de leur nom à l’arrivée des espagnols. Très intrigués par ces animaux qui leur étaient inconnus, les conquérants ne cessaient de demander aux indigènes : « Como se llama ? » (ce qui en espagnol veut dire : « Comment cela s’appelle ? ») au point qu’à la longue les indigènes leur répétaient « llama, llama » et que le nom espagnol de ces animaux devint llama qui en français donna lama. (Notez que le ll espagnol se prononce li)

Du côté du désert règnent les renards mais aussi les viscachas, sorte de gros lapins à longue queue que l’on trouve aussi en altitude.

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Les flamants roses sont nombreux du côté des salars. On pourrait penser, à les voir, qu’ils passent leur journée, tels Narcisse, à admirer leur reflet. Mais non, ils consacrent 12 à 13 h par jour à manger de minuscules crevettes qui circulent dans l’eau du salar.

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Trois animaux étaient sacrés aux yeux des Incas : le condor (que nous ne vous présentons plus), le puma, un magnifique félin qui semble en voie de disparition, et le serpent. Ces deux derniers, que nous avons eu la chance de ne pas rencontrer, vivent plutôt dans les basses terres amazoniennes de l’autre côté des Andes.


Les plantes

Dans les régions semi désertiques, poussent de grands cactus qui atteignent plus de 10m en croissant au rythme de 2cm par an. Les figues de Barbarie sont également des fruits de cactus délicieux mais nous avons oublié de les prendre en photo.

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Les Indiens cultivent traditionnellement la pomme de terre, issue d’Amérique du sud, et dont on dénombre ici plus de 250 sortes !  Le maïs fait également partie de l’alimentation de base et, en altitude, entre 4000 et 5000m se cultive la quinoa qui est une excellente céréale que vous pouvez acheter au supermarché proche de chez vous.

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                                                                                                Quinoa

 

Il faut ajouter que nous sommes en zone tropicale et que les fruits, qui poussent dans la plaine, sont délicieux (mangues, raisins, fruits de la passion, fraises…).

 

Voici un résumé de notre petit tour à terre. Nous espérons que vous êtes maintenant prêts à aborder l’île de Robinson Crusoé : c’est pour bientôt car Dominique et nos amis Catherine et François arrivent lundi prochain pour entamer la traversée du Pacifique !

Nous vous embrassons en souhaitant à tous un joli printemps et aux CM2 de Quettehou de belles navigations à l’île mythique de Tatihou lors de leur session de voile scolaire qui est maintenant très proche. Nous ferons tout notre possible pour être présents lors de la régate inter-écoles dont il faudra nous rappeler la date.


Christiane (et Luc, fidèle relecteur attentif)

PS : les photos correspondant à cet article sont sur l’album S4 – 5 Promenade andine. 

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 19:50

Valpo a le charme suranné de ces villes portuaires qui ont trop vécu, abandonnant à d’autres l’essentiel d’un trafic maritime sensible aux exigences de la modernisation. Ingrate, la Marine elle-même, abandonnera d’ici peu, ce site historique désormais jugé insuffisamment protégé. La baie, siège de tant d’échanges, de conflits et de soulèvements, a le calme modeste et assuré de celles qui se savent parmi les plus belles au monde. Côté ville, on se réjouit des envolées d’escaliers, des rues mal pavées qui se font tour à tour côtes ou descentes, des ascenseurs, des habitations colorées toutes de bois et de tôle ondulée. Une atmosphère subtile et indescriptible qui se propage comme une vague entre les ondulations des quarante deux cerros, ces collines où les maisons s’imbriquent comme autant de belvédères au regard tourné vers la mer.  Un lieu où on se dit « j’y suis » tant est grand le plaisir de se sentir y être et y vivre des moments privilégiés. Le tout gravement troublé par un incendie criminel qui, dans la nuit du 14 février, ravage 150 maisons et dépossède plus d’un millier de personnes de tous leurs biens. La grande voisine de Viňa del Mar est une immense station balnéaire très prisée, tout en contraste avec le laisser-aller de la besogneuse Valpo.

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La côte abonde en escarpements rocheux sur lesquelles explosent en effervescences les vagues émeraude du Pacifique. Un spectacle saisissant qui, observé des micros, ces petits bus qui nous transportent jusqu’à Valpo, gagne encore en splendeur à l’heure du soleil couchant.  Le Club de Yates de Higuerillas est un beau club de voiliers où 25 beaux bateaux de course se préparent pour la régate de 800 milles qui partira le 20 février vers l’île de Robinson Crusoé. Un accueil très ouvert nous est réservé par nos voisins de ponton qui nous offrent leur aide et nous invitent aux festivités de la soirée de présentation de la régate. Les marineros ne cessent de laver et rincer ponts et voiles ; les propriétaires qui arrivent en week-end s’étonnent de ces français qui bricolent par eux-mêmes… et le dimanche en plus. Le wi-fi ne marche pas mais l’ordinateur des socios est gentiment mis à notre disposition, sous réserve de disponibilité... Le club de bon standing s’étend sous les immeubles de vacances qui peuplent les surplombs de la colline. Goélands et pélicans sont installés à demeure alors qu’un couple de perroquets bleus, très civilisé et infiniment amoureux, fait au club une apparition  inattendue. Les bains de mer se font vite bain de soleil et bain de foule dans les longs rouleaux du Pacifique. Les écoles d’Optimist et de kayak des jeunes vacanciers évoluent dans des conditions météorologiques à faire pâlir d’envie leurs petits homologues normands…

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Nous visitons les trois maisons idylliques -la Sebastiana (Valparaiso), la Chascona (Santiago) et Isla Negra (au sud de Valparaiso)- de l’immense Pablo Neruda dont la poésie, forte et magnifique comme le Pacifique, est une ode à l’amour, à la liberté, à la générosité, à la passion de la vie.

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A 1h45 de bus au travers des vignes de la région de Casablanca, Santiago se découvre du haut du Mont Cristobal qui domine la ville et met en valeur l’encorbellement magnifique des montagnes. Tradition oblige, nous consacrons nos premiers pas au tourisme technique qui donne à connaître les quartiers des ferreterias et des ateliers en tout genre. Nous jouons un peu les envahisseurs chez Valérie et Jérôme qui, dans leur maison exquise, nous auront fourni dans le quartier de Vitacura une plaque tournante fort accueillante durant les trois semaines de notre présence à Valparaiso.

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La ville très paysagée et agréablement désertée en cette période d’été nous invite à la découverte des œuvres des artistes chiliens, de son histoire et de  ses récentes années de dictature qui, étonnamment pour les étrangers que nous sommes, divisent encore largement les Chiliens.

Si vous allez à Santiago retenez l’adresse du Bocanariz, le restaurant de Jérôme, où nous avons le plaisir d’être invités pour une soirée grandiose de senteurs et de saveurs. Ouvert depuis quelques mois seulement, le lieu qui a bénéficié des talents de décoratrice de Valérie, est déjà très couru tant des Santiaguinos que des touristes avertis. L’excellente des vins jointe à la qualité des mets qui les accompagnent en font une adresse hors du commun. N’hésitez pas non plus à passer dans le quartier de Bellavista une soirée très animée de cuisine parisienne et de bohême chilienne au Jazz Club du Fournil Bistrot, sans oublier les différents Fournil de la ville qui vous permettront de faire une étape agrémentée de pains ou croissants si délicieux que vous rêverez de trouver leurs semblables à votre retour en France !

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C’est aussi, de Valparaiso à Santiago, le temps des très agréables retrouvailles avec Ximena et Andrea rencontrées la saison dernière à Puerto Consuleo, chez la famille Eberhard, près de Puerto Natales.  Ximena nous emmène à la découverte de la très belle Zapallar, la Saint Tropez chilienne située à 100km au nord de Valparaiso, et nous reçoit chez elle à Santiago, pour une soirée mémorable en compagnie de Maria Paz et Alberto, ses enfants, qui nous réservent un accueil  exceptionnel tout en parlant un excellent français. Andrea et Alessandro nous font le plaisir de nous rejoindre à bord et de nous inviter à une visite commentée du musée de la Marine chilienne et du port de Valparaiso dans lequel, Alessandro, Officier de l’Aéro-Navale, a ses petites entrées.

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Mais c’est aussi le moment des rencontres franco chiliennes avec Loreto Corvalan artiste renommée dont nous aimons le travail et qui a exposé au Musée des Beaux Arts de Santiago en 2004. Loreto vit dans la région du Havre depuis 1973 mais vient de passer un mois dans l’archipel de Juan Fernandez en appui du travail de production d’un film réalisé par son amie Sophie. Nous passons avec elles et deux de leurs amis, Laurence et Franck, un excellent déjeuner dans une charmante petite maison d’étudiantes louée à Valparaiso, et parcourons la route des cerros à bord du bus 612, la plus longue ligne de bus de la ville. Si vous avez autour de vous de jeunes enfants, savourez avec eux « Horacio ne veut plus aller à l’école », une histoire sur la différence magnifiquement écrite et illustrée par Loreto. Deux rendez-vous manqués et très regrettés, celui de Mony, une amie franco chilienne de longue date,  dont la rencontre à Santiago sera rendue impossible en raison d’un lourd souci familial ; celle aussi de Bethou (notre co-équipière argentine !) et Bernard qui n’ont pu, comme ils l’avaient espéré, venir nous rejoindre de France pour découvrir la mythique Valparaiso.

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Les voyages des membres de l’équipage se succèdent vers l’île de Pâques, San Pedro de Atacama et le Machu Picchu.  Entre deux, l’ambiance travaux préside toujours à bord : fabrication d’une dérive d’éolienne plus efficace, révision complète des voiles, changement de la boîte de vitesse du moteur, difficile réaccastillage du charriot de grand voile et plein d’autres menus bricolages qui font l’envers du décor de nos escales….

Le vendredi 15 nous faisons nos adieux sud-américains à Elisabeth et Jean-François avec lesquels nous aurons vécu d’excellents moments sur mer comme sur terre. Le 20 février, Arielle et Dominique rentrent du Pérou et, après une semaine de séjour à Valparaiso, reprendront un vol pour Paris. Ce même mercredi 20, Christiane et Luc partent vers le nord pour un voyage d’un mois entre Chili, Argentine, Bolivie et Pérou. Le 26 mars, Dominique ainsi que Catherine et François  poseront leur sac à bord pour le début de la trans-Pacifique...

NB :

- Bocanariz (boca=bouche, nariz=nez), José Victorino Lastarria 276

- Le Fournil Bistrot, Jazz Club Patio Bellavista – Constituciōn 30, Local 102 ( Patio Bellavista)

- www.lefournil.cl

 

PS : Les photos correspondant à cet article sont sur l’album S4 -4 : Valparaiso & Santiago

Quelques micro vidéo essentiellement destinées à nos petits enfants et à nos moussaillons de Quettehou figurent sur le compte Tincelin Alioth de Facebook.

 

 

 

 

 

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 15:39

Alioth, à l’occasion de sa remontée de Puerto Montt à Concon (Valparaiso), affiche un équipage musclé puisque Jean-François, membre de l’équipe de Chiloé, Jérôme et son fils Léon (21 ans) sont venus en appui du trio du team.  Notre début de saison  s’avère une nouvelle fois placé sous le signe des destinées saint-vaastaises, notre rencontre chilienne avec Valérie et Jérôme s’étant préparée en Normandie en août dernier grâce à notre architecte et ami Michel que nous saluons tout particulièrement pour son initiative et dont la présence à bord, un moment envisagée, aurait joyeusement complété notre équipée.

                                      P1020802

Le dimanche 27 janvier au soir, le ton de la semaine est donné et les festivités s’ouvrent sur la note française apportée par  l’excellent champagne Bollinger d’ Elisabeth et Jean-François. Puis la phase chilienne, entre dans la danse grâce aux 11 nectars sélectionnés avec attention par Jérôme en vue de nous offrir un panel représentatif de la qualité et de la diversité des vins chiliens.  Chaque soirée de la semaine sera l’objet d’une dégustation commentée. Joli programme ! Il faut dire que Jérôme est un expert : gastronome, amateur éclairé et entrepreneur confirmé,  il s’est installé à Santiago il y a une quinzaine d’années avec son épouse Valérie, elle-même journaliste, pour y créer une activité de boulangerie, viennoiserie, pâtisserie française Le Fournil, puis ouvrir plusieurs restaurants et un bar à vins à Santiago. Ce dernier a reçu en 2010 une distinction rarissime : celle de « Meilleure carte de vins du monde » dont il est le seul détenteur en Amérique du Sud. Alors si vous allez à Santiago, ne manquez pas les bonnes adresses que nous vous communiquerons très prochainement et laissez vous envoûter par les vols de Jérôme, qui vous feront planer autour de merveilleux trios de dégustations, ou ses verticales, qui vous transporteront aux sommets des meilleurs crus du pays. Si comme Arielle ou Christiane, les plaisirs du vin vous sont refusés, consolez vous sur la gamme des pains délicieux du Fournil qui, entre autres qualités, ont  bonne mémoire ce qui, en langage de spécialiste, exprime la capacité d’une mie à revenir  à sa forme initiale lorsqu’elle a été marquée du doigt.

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En introduction à notre séminaire œnologique, nous nous initions à  la classification  des vins chiliens en trois appellations correspondant aux trois grandes zones géographiques et climatiques du pays :

 

             - Costa, les vins de la côte qui subissent l’influence maritime du Pacifique

             - Vallée centrale, les vins de l’entre deux Cordillères

             - Cordillère, les vins des contre-flancs de la Cordillère des Andes

Au  Chili se produisent des vins mono cépage -Sauvignon blanc, Chardonnay, Merlot, Carménère, Syrah, Cabernet Sauvignon- mais aussi  des vins d’assemblage tels que les Villard Ensamblaje, Facundo et Erasmo qui ont pris place à bord. Les fondements théoriques posés, l’ouverture solennelle du séminaire se déroule le dimanche soir autour :

  - d'un Merlot de la vallée centrale (vallée de Loncomilla). Très « confiture de mûre », il est produit par Daniella Gillmore et Andres Sanchez, à 50km du Pacifique

        - d'un Cabernet Sauvignon de la région de Santiago. Sous la dénomination Aquitania, il est produit par Felipe de Solminihac.

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Côté navigation, un  double départ s’opère dès le lundi matin : Arielle et Elisabeth, épouses de Dominique et Jean-François, prennent par bus la route de Santiago via Valdivia tandis qu’Alioth sort avec un peu de retard de la baie de Reloncavi pour rejoindre l’océan par le canal Chacau, passage du nord entre Chiloé et le continent. Le vent est faible et nous sommes rapidement confrontés à une nouvelle nanniaiserie. Le moteur, atteint d’un bruit inhabituel, nous contraint soit à tirer des bords dans le petit temps, soit à nous propulser à régime réduit. A ce rythme ralenti nous atteignons le canal de Chacau en fin de journée et à contre courant entre un coucher de soleil et un lever de lune qui rivalisent de splendeur.

Encerclés de pélicans qui occupent le plan d’eau sans faire grand cas de notre présence,  nous dégustons un Chardonnay  Talinay de la vallée de Limari, zone désertique côtière du nord du Chili, dans laquelle la vigne, entourée de cactus, bénéficie d’une brume à 70% du temps. Minéralité et salinité caractérisent ce chardonnay. Le Syrah, la grande star des vins chiliens, prend élégamment sa suite sous la forme d’un Syrah Koyle  « fruité sans être trop fruit confit ».

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Mais nous arrivons trop tardivement à l’entrée du canal Chacau que nous peinons à remonter, sous voile et moteur,  jusqu’à ne plus résister à la pression du courant. Sous l’effet d’une chute complète de vent et malgré une vitesse en surface de 7 nœuds, nous reculons au rythme de  1 à 2 nœuds sur le fond, ce qui ne manque pas de soulever quelques inquiétudes auprès de l’équipe de quart. Heureusement Eole compatit et, au prix de deux heures de patiente lutte contre le courant, nous parvenons à sortir de la passe pour entamer notre remontée océanique. En cours de journée, le spi s’offre une grande bouffée d’air pacifique jusqu’au début d’une nuit qui se fera sous solent.  

Le 29 janvier, alors que le vent peine à se lever et les côtes de la belle Chiloé à s’effacer, les grands albatros planent au dessus de la longue houle du Pacifique offrant à Jean-François, Jérôme et Léon leurs premières sensations de grand large.  Mais brisant la poésie de ces beaux moments, le moteur sollicité pour un chargement de batterie s’arrête et s’obstine dans un blocage irréversible… Le vent du sud qui domine sur ce secteur en saison estivale est heureusement présent et nous n’avons guère d’autre choix que de poursuivre jusqu’à destination.  Le spi se maintient dans les petits airs de l’après-midi durant laquelle un spectacle surprenant nous ravit : celui des dauphins au ventre immaculé engagés dans d’incroyables chasses au thon. Dans des alignements parfaits, tous bondissent hors de l’eau, les grands  delphinidés poursuivant les petits thonidés à un rythme endiablé. En revanche, au loin, une baleine nous frustre de sa trop grande discrétion. 

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Pour conclure cette première grande journée de mer, Jérôme ouvre un Castillo Molina, Sauvignon blanc 100% de la vigne San Pedro, issu d’une vigne  située dans la vallée de l’Elqui, zone située à 1000m d’altitude à hauteur de la zone semi-désertique de La Serena, à 650km au nord de Santiago. Il n’est pas rare qu’en hiver la  vigne s’y trouve enfouie sous 3m de neige.

Le 30 janvier, le vent monte à 25-30 nœuds.  Après une prise de ris, nous décidons, fait exceptionnel,  d’annuler la dégustation du soir pour cause de météorologie difficile. C’est l’occasion pour Jérôme de sortir son joker, un Glenlivet de 12 ans d’âge, la 12ème bouteille de son chargement, dont la concentration du contenu et la stabilité des contenants font un apéritif très marin, bien adapté aux conditions du moment.

Le 31 janvier est marqué par l’installation de l’hydrogénérateur, difficile à mener en pleine mer, mais réussiepar Dominique, à la rondelle près. Des essais de trinquette donnent par ailleurs des résultats relativement concluants.

En soirée, un Sauvignon Blanc Koyle Costa, vin élevé à 20km de la mer, près de Vichuquen où Jérôme et Valérie ont leur maison du lac, est bu à la latitude de la vigne ! Puis c’est le tour d’un Erasmo 2007, prix 2011 du meilleur vin d’assemblage -Cabernet et Merlot- du Chili, produit d’une vinification familiale de la vallée de Maule, vallée andine située dans la région viticole de Caliboro, réputée depuis le XIXème siècle pour la qualité de son sol et de ses vins. Et comme le vin (non excusez moi, le vent !) est revenu et que c’est fête à bord, un Facundo, vin d’assemblage de la Vallée centrale -Cabernet Sauvignon, Cabernet franc, Petit Verdot et Carignan- s’invite à la soirée.

Le 1er février, au petit matin, le vent est en berne car la mawada , le mauvais temps d’été qui sévit en bord de mer sous l’influence du courant de Humboldt, a envahi la zone côtière.  Le ciel est plombé, la mer d’huile, le vent inexistant. Seuls les mouvements léthargiques des queues d’otaries assoupies apportent une once de mouvement à la torpeur ambiante. L’inquiétude grandit car si ce mauvais temps s’établit sur plusieurs jours, il ne manquera  pas de compromettre  les programmes à venir des co-équipiers.  Pour se distraire, Jérôme tente une partie de pêche qui s’achève par la prise… d’un requin ! L’animal est puissant et sous l’effet de ses ébats,  la ligne se prend dans les fils électriques de l’hydrogénérateur.  Moment difficile d’autant que la seule brise de la journée vient nous narguer à ce moment précis.

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Les pêcheurs sont fiers de leur prise et la traditionnelle photo leur est consacrée mais le requin, pourtant préparé avec attention par Luc, s’avère peu gastronomique. Chacun y goûte par curiosité mais personne n’y revient. L’auteure de ces lignes, peu amatrice de pêche, souffre de  quelques états d’âme face à  cette inutile exécution. Jérôme se soucie de l’éventuel épuisement du stock de provisions du bord en cas de poursuite de la mawada et déclare le requin stade ultime avant le cannibalisme...  Heureusement les bonnes bouteilles sont là pour consoler les hommes d’équipage. Exception à la règle, ce soir c’est un Gewurtztraminer alsacien des sœurs Faller qui émerge de la cave d’Alioth, suivi d’un vin chilien d’assemblage de Thierry Villard qui associe Petit Verdot qui apporte l’astringence, Syrah qui donne la puissance, Cabernet Sauvignon et Merlot qui offrent arômes et rondeur.

Durant ces quelques jours, l’équipage était organisé en trois quarts (Jérôme et Dominique, Léon et Luc, Jean-François et Christiane) par roulements de trois heures. Léon a un peu souffert durant ces quelques jours : mal de mer marqué de réveils incertains où on ne sait plus si on a tenu tenu son quart de nuit… ou si on l’a  rêvé, tumultueux partage d’une couchette double entre père et fils dans des eaux agitées, avec regret déclaré d’une alternative féminine à ses côtés... Enfin une fois l’estomac calmé, apparition des affres de la mawada venue perturber les perspectives d’un week-end visiblement très désiré : dur apprentissage que celui de la vie de jeune marin ! Mais la complicité père fils a joué a  plein son rôle et Léon, Jean-François et Jérôme, ont fait tous trois preuve d’une remarquable adaptation aux manœuvres et à la navigation. Par ailleurs œnologie n’est pas orgie et chacun a pu -hors mal de mer- tenir son rôle dans les meilleures conditions. La chef de bord, honorée du titre de chef à bord, s'est réjouie de l'enthousiasme de si bons convives. Ajoutons que Jérôme s’est distingué dans la confection de délicieux canapés apéritifs et que Jean-François s’est fait le spécialiste du café en cafetière italienne, deux savoir-faire dont le team Alioth saura perpétuer le souvenir. 

La début de nuit suivante est jubilatoire. Nous maintenons le spi jusqu’à 3h du matin à une allure moyenne de 9 noeuds, heure où le vent monte à plus de 25 nœuds et où des routes de collision avec des cargos deviennent possibles.  Au petit matin la mawada vient à nouveau envahir le plan d’eau, réveillant quelques inquiétudes. Nous longeons avec émotion la baie mythique de Valparaiso, embrumée et dominée par ses célèbres collines.  A 12h, le vent revenu, nous parvenons sans encombre au joli Yate Club de Higuerillas où nous retrouvons Valérie et sa fille Célestine accompagnées d’Arielle et Elisabeth qu’elles ont très chaleureusement accueillies à Santiago au cours de ces derniers jours.  Nous concluons cette croisière décidément œnologique et gastronomique par un excellent déjeuner de mariscos, fruit d’un pari relevé par Dominique : celui d’une arrivée au port ce samedi avant 20h, défi qui n’était pas tout à fait gagné d’avance.

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                                                                          Arrivée sur la marina de Huiguerillas

 

Le soir nous nous laissons emporter par la magie de Valparaiso illuminé par un coucher de soleil resplendissant… A suivre...


* Nom d'un célèbre recueil de poèmes de Pablo Neruda

NB : reste dans la cave du bord un Carménère, cépage disparu il y a vingt ans à l’époque de l’épidémie de phyloxera  dont un ampélographe français a retrouvé la trace et qui représente actuellement 8% du volume de production du Chili. Nul doute qu’il attendra l’arrivée fin mars de François et Catherine pour fêter notre départ vers la Polynésie. Merci Jérôme !

PS : les photos correspondant à cet article figurent dans l’album « S4-3-Séminaire œnologique »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 15:39

Alioth, à l’occasion de sa remontée de Puerto Montt à Concon (Valparaiso), affiche un équipage musclé puisque Jean-François, membre de l’équipe de Chiloé, Jérôme et son fils Léon (21 ans) sont venus en appui du trio du team.  Notre début de saison  s’avère une nouvelle fois placé sous le signe des destinées saint-vaastaises, notre rencontre chilienne avec Valérie et Jérôme s’étant préparée en Normandie en août dernier grâce à notre architecte et ami Michel que nous saluons tout particulièrement pour son initiative et dont la présence à bord, un moment envisagée, aurait joyeusement complété notre équipée.

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Le dimanche 27 janvier au soir, le ton de la semaine est donné et les festivités s’ouvrent sur la note française apportée par  l’excellent champagne Bollinger d’ Elisabeth et Jean-François. Puis la phase chilienne, entre dans la danse grâce aux 11 nectars sélectionnés avec attention par Jérôme en vue de nous offrir un panel représentatif de la qualité et de la diversité des vins chiliens.  Chaque soirée de la semaine sera l’objet d’une dégustation commentée. Joli programme ! Il faut dire que Jérôme est un expert : gastronome, amateur éclairé et entrepreneur confirmé,  il s’est installé à Santiago il y a une quinzaine d’années avec son épouse Valérie, elle-même journaliste, pour y créer une activité de boulangerie, viennoiserie, pâtisserie française Le Fournil, puis ouvrir plusieurs restaurants et un bar à vins à Santiago. Ce dernier a reçu en 2010 une distinction rarissime : celle de « Meilleure carte de vins du monde » dont il est le seul détenteur en Amérique du Sud. Alors si vous allez à Santiago, ne manquez pas les bonnes adresses que nous vous communiquerons très prochainement et laissez vous envoûter par les vols de Jérôme, qui vous feront planer autour de merveilleux trios de dégustations, ou ses verticales, qui vous transporteront aux sommets des meilleurs crus du pays. Si comme Arielle ou Christiane, les plaisirs du vin vous sont refusés, consolez vous sur la gamme des pains délicieux du Fournil qui, entre autres qualités, ont  bonne mémoire ce qui, en langage de spécialiste, exprime la capacité d’une mie à revenir  à sa forme initiale lorsqu’elle a été marquée du doigt.

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En introduction à notre séminaire œnologique, nous nous initions à  la classification  des vins chiliens en trois appellations correspondant aux trois grandes zones géographiques et climatiques du pays :

 

             - Costa, les vins de la côte qui subissent l’influence maritime du Pacifique

             - Vallée centrale, les vins de l’entre deux Cordillères

             - Cordillère, les vins des contre-flancs de la Cordillère des Andes

Au  Chili se produisent des vins mono cépage -Sauvignon blanc, Chardonnay, Merlot, Carménère, Syrah, Cabernet Sauvignon- mais aussi  des vins d’assemblage tels que les Villard Ensamblaje, Facundo et Erasmo qui ont pris place à bord. Les fondements théoriques posés, l’ouverture solennelle du séminaire se déroule le dimanche soir autour :

  - d'un Merlot de la vallée centrale (vallée de Loncomilla). Très « confiture de mûre », il est produit par Daniella Gillmore et Andres Sanchez, à 50km du Pacifique

        - d'un Cabernet Sauvignon de la région de Santiago. Sous la dénomination Aquitania, il est produit par Felipe de Solminihac.

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Côté navigation, un  double départ s’opère dès le lundi matin : Arielle et Elisabeth, épouses de Dominique et Jean-François, prennent par bus la route de Santiago via Valdivia tandis qu’Alioth sort avec un peu de retard de la baie de Reloncavi pour rejoindre l’océan par le canal Chacau, passage du nord entre Chiloé et le continent. Le vent est faible et nous sommes rapidement confrontés à une nouvelle nanniaiserie. Le moteur, atteint d’un bruit inhabituel, nous contraint soit à tirer des bords dans le petit temps, soit à nous propulser à régime réduit. A ce rythme ralenti nous atteignons le canal de Chacau en fin de journée et à contre courant entre un coucher de soleil et un lever de lune qui rivalisent de splendeur.

Encerclés de pélicans qui occupent le plan d’eau sans faire grand cas de notre présence,  nous dégustons un Chardonnay  Talinay de la vallée de Limari, zone désertique côtière du nord du Chili, dans laquelle la vigne, entourée de cactus, bénéficie d’une brume à 70% du temps. Minéralité et salinité caractérisent ce chardonnay. Le Syrah, la grande star des vins chiliens, prend élégamment sa suite sous la forme d’un Syrah Koyle  « fruité sans être trop fruit confit ».

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Mais nous arrivons trop tardivement à l’entrée du canal Chacau que nous peinons à remonter, sous voile et moteur,  jusqu’à ne plus résister à la pression du courant. Sous l’effet d’une chute complète de vent et malgré une vitesse en surface de 7 nœuds, nous reculons au rythme de  1 à 2 nœuds sur le fond, ce qui ne manque pas de soulever quelques inquiétudes auprès de l’équipe de quart. Heureusement Eole compatit et, au prix de deux heures de patiente lutte contre le courant, nous parvenons à sortir de la passe pour entamer notre remontée océanique. En cours de journée, le spi s’offre une grande bouffée d’air pacifique jusqu’au début d’une nuit qui se fera sous solent.  

Le 29 janvier, alors que le vent peine à se lever et les côtes de la belle Chiloé à s’effacer, les grands albatros planent au dessus de la longue houle du Pacifique offrant à Jean-François, Jérôme et Léon leurs premières sensations de grand large.  Mais brisant la poésie de ces beaux moments, le moteur sollicité pour un chargement de batterie s’arrête et s’obstine dans un blocage irréversible… Le vent du sud qui domine sur ce secteur en saison estivale est heureusement présent et nous n’avons guère d’autre choix que de poursuivre jusqu’à destination.  Le spi se maintient dans les petits airs de l’après-midi durant laquelle un spectacle surprenant nous ravit : celui des dauphins au ventre immaculé engagés dans d’incroyables chasses au thon. Dans des alignements parfaits, tous bondissent hors de l’eau, les grands  delphinidés poursuivant les petits thonidés à un rythme endiablé. En revanche, au loin, une baleine nous frustre de sa trop grande discrétion. 

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Pour conclure cette première grande journée de mer, Jérôme ouvre un Castillo Molina, Sauvignon blanc 100% de la vigne San Pedro, issu d’une vigne  située dans la vallée de l’Elqui, zone située à 1000m d’altitude à hauteur de la zone semi-désertique de La Serena, à 650km au nord de Santiago. Il n’est pas rare qu’en hiver la  vigne s’y trouve enfouie sous 3m de neige.

Le 30 janvier, le vent monte à 25-30 nœuds.  Après une prise de ris, nous décidons, fait exceptionnel,  d’annuler la dégustation du soir pour cause de météorologie difficile. C’est l’occasion pour Jérôme de sortir son joker, un Glenlivet de 12 ans d’âge, la 12ème bouteille de son chargement, dont la concentration du contenu et la stabilité des contenants font un apéritif très marin, bien adapté aux conditions du moment.

Le 31 janvier est marqué par l’installation de l’hydrogénérateur, difficile à mener en pleine mer, mais réussiepar Dominique, à la rondelle près. Des essais de trinquette donnent par ailleurs des résultats relativement concluants.

En soirée, un Sauvignon Blanc Koyle Costa, vin élevé à 20km de la mer, près de Vichuquen où Jérôme et Valérie ont leur maison du lac, est bu à la latitude de la vigne ! Puis c’est le tour d’un Erasmo 2007, prix 2011 du meilleur vin d’assemblage -Cabernet et Merlot- du Chili, produit d’une vinification familiale de la vallée de Maule, vallée andine située dans la région viticole de Caliboro, réputée depuis le XIXème siècle pour la qualité de son sol et de ses vins. Et comme le vin (non excusez moi, le vent !) est revenu et que c’est fête à bord, un Facundo, vin d’assemblage de la Vallée centrale -Cabernet Sauvignon, Cabernet franc, Petit Verdot et Carignan- s’invite à la soirée.

Le 1er février, au petit matin, le vent est en berne car la mawada , le mauvais temps d’été qui sévit en bord de mer sous l’influence du courant de Humboldt, a envahi la zone côtière.  Le ciel est plombé, la mer d’huile, le vent inexistant. Seuls les mouvements léthargiques des queues d’otaries assoupies apportent une once de mouvement à la torpeur ambiante. L’inquiétude grandit car si ce mauvais temps s’établit sur plusieurs jours, il ne manquera  pas de compromettre  les programmes à venir des co-équipiers.  Pour se distraire, Jérôme tente une partie de pêche qui s’achève par la prise… d’un requin ! L’animal est puissant et sous l’effet de ses ébats,  la ligne se prend dans les fils électriques de l’hydrogénérateur.  Moment difficile d’autant que la seule brise de la journée vient nous narguer à ce moment précis.

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Les pêcheurs sont fiers de leur prise et la traditionnelle photo leur est consacrée mais le requin, pourtant préparé avec attention par Luc, s’avère peu gastronomique. Chacun y goûte par curiosité mais personne n’y revient. L’auteure de ces lignes, peu amatrice de pêche, souffre de  quelques états d’âme face à  cette inutile exécution. Jérôme se soucie de l’éventuel épuisement du stock de provisions du bord en cas de poursuite de la mawada et déclare le requin stade ultime avant le cannibalisme...  Heureusement les bonnes bouteilles sont là pour consoler les hommes d’équipage. Exception à la règle, ce soir c’est un Gewurtztraminer alsacien des sœurs Faller qui émerge de la cave d’Alioth, suivi d’un vin chilien d’assemblage de Thierry Villard qui associe Petit Verdot qui apporte l’astringence, Syrah qui donne la puissance, Cabernet Sauvignon et Merlot qui offrent arômes et rondeur.

Durant ces quelques jours, l’équipage était organisé en trois quarts (Jérôme et Dominique, Léon et Luc, Jean-François et Christiane) par roulements de trois heures. Léon a un peu souffert durant ces quelques jours : mal de mer marqué de réveils incertains où on ne sait plus si on a tenu tenu son quart de nuit… ou si on l’a  rêvé, tumultueux partage d’une couchette double entre père et fils dans des eaux agitées, avec regret déclaré d’une alternative féminine à ses côtés... Enfin une fois l’estomac calmé, apparition des affres de la mawada venue perturber les perspectives d’un week-end visiblement très désiré : dur apprentissage que celui de la vie de jeune marin ! Mais la complicité père fils a joué a  plein son rôle et Léon, Jean-François et Jérôme, ont fait tous trois preuve d’une remarquable adaptation aux manœuvres et à la navigation. Par ailleurs œnologie n’est pas orgie et chacun a pu -hors mal de mer- tenir son rôle dans les meilleures conditions. La chef de bord, honorée du titre de chef à bord, s'est réjouie de l'enthousiasme de si bons convives. Ajoutons que Jérôme s’est distingué dans la confection de délicieux canapés apéritifs et que Jean-François s’est fait le spécialiste du café en cafetière italienne, deux savoir-faire dont le team Alioth saura perpétuer le souvenir. 

La début de nuit suivante est jubilatoire. Nous maintenons le spi jusqu’à 3h du matin à une allure moyenne de 9 noeuds, heure où le vent monte à plus de 25 nœuds et où des routes de collision avec des cargos deviennent possibles.  Au petit matin la mawada vient à nouveau envahir le plan d’eau, réveillant quelques inquiétudes. Nous longeons avec émotion la baie mythique de Valparaiso, embrumée et dominée par ses célèbres collines.  A 12h, le vent revenu, nous parvenons sans encombre au joli Yate Club de Higuerillas où nous retrouvons Valérie et sa fille Célestine accompagnées d’Arielle et Elisabeth qu’elles ont très chaleureusement accueillies à Santiago au cours de ces derniers jours.  Nous concluons cette croisière décidément œnologique et gastronomique par un excellent déjeuner de mariscos, fruit d’un pari relevé par Dominique : celui d’une arrivée au port ce samedi avant 20h, défi qui n’était pas tout à fait gagné d’avance.

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                                                              La marina de Huiguerillas (Concon)

Le soir nous nous laissons emporter par la magie de Valparaiso illuminé par un coucher de soleil resplendissant… A suivre

* Célèbre recueil de poèmes de Pablo Neruda

NB : reste dans la cave du bord un Carménère, cépage disparu il y a vingt ans à l’époque de l’épidémie de phyloxera  dont un ampélographe français a retrouvé la trace et qui représente actuellement 8% du volume de production du Chili. Nul doute qu’il attendra l’arrivée fin mars de François et Catherine pour fêter notre départ vers la Polynésie. Merci Jérôme !

PS : les photos correspondant à cet article figurent dans l’album « S4-3-Séminaire œnologique »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 05:04

Trois couples, soit six protagonistes, Arielle et Dominique, Elisabeth et Jean-François, Christiane et Luc, ont embarqué à bord le vendredi 18 janvier,  pour une semaine aux petits airs de location nautique hebdomadaire. Au programme quelques uns des plus jolis sites de la baie d’Ancud qui, située entre Chiloé et le continent, offre un espace de navigation très protégé.

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                                                            Chiloé et la baie d'Ancud

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                                               Arielle, Elisabeth, Dominique et Jean-François

La météo se met en quatre pour nous offrir une période de chaleur et d’ensoleillement exceptionnels. Seul le vent manque au rendez-vous mais, trop heureux d’échapper aux pluies réputées diluviennes de la région, nous ne boudons pas notre plaisir et nous livrons aux facilités de la propulsion motorisée.

Nos premiers milles nous mènent vers la côte continentale en vue d’explorer les estuaires déserts de Quintupeu et de Cahuelmo. Nous y retrouvons toutes les caractéristiques de la Patagonie : rives abruptes et boisées, sommets enneigés, cascades d’eau fraîche, et, opportunité inattendue, nous nous régalons de baignades dans une eau à 18°.  Seules les Tabanos, ces gros taons dont l’agressivité redouble sous l’effet de nos gestes véhéments,  viennent perturber la perfection de ces mouillages de rêve. Nous abordons là  le parc Pumalin, propriété de Douglas Tompkins, richissime fondateur de la marque North Face, dont 250 000 ha ont été ouverts au public.  Ce gigantesque espace, ainsi que son alter ego de Chiloé, semblent témoigner d’une gestion environnementale équilibrée qui, tout en redonnant ses droits à la nature, fournit des ressources appréciables aux habitants.  Nos espoirs de pêche au saumon sont vite déçus mais un spécimen fumé en provenance du petit marché d’Angelmo (Puerto Montt) nous permet d’apprécier cette spécialité régionale -malgré tout très décriée pour son taux d’antibiotiques.  Un troc avec un petit bateau pêcheur nous amène à déguster des cholgas, les bonnes grosses moules locales, savoureuses mais combien résistantes à la cuisson.

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                                                           Derniers bords en Patagonie

Délaissant le continent, nous croisons vers les îles où le changement de décor est radical. A la nuance près de l’habitat, la navigation vers le mouillage d’Apiao donne l’illusion d’une remontée sur la très  anglaise Hamble River. Cette île fort peu peuplée vit de l’agriculture et de la pêche sous la protection d’une jolie petite église en bois et de son cimetière coloré. Nous y croisons une vieille paysanne qui convient que l’entretien de son potager et la culture des papas, sans doute essentiels à sa survie,  lui coûtent beaucoup d’effort et de travail.

Puis nous abordons la belle île de Chiloé pour nous positionner à Castro, face aux palafitos, ces maisons sur pilotis qui, autrefois lot des plus pauvres, passent progressivement entre les mains des acteurs du tourisme et des habitants aisés.  

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                                                Vue du mouillage sur les palafitos

Chiloé a une part très spécifique dans l’histoire chilienne. Domaine des Indiens Mapuches et Chonos, elle a été découverte en 1540 par Martin Ruiz de Gamboa. Sa capitale, Castro, est la troisième ville créée au Chili, après Santiago et La Serena. Très atteinte par les effets de la colonisation, l’île, quasi abandonnée par la vice-royauté du Pérou, se replia sur elle-même dans un très grand état de pauvreté. Est-ce cet effet d’isolement et de solitude ? L’île est en proie aux mythes et la sorcellerie y reste très présente, même dans les milieux les plus éduqués. Rappelons que la légende du Vaisseau Fantôme dont Wagner a fait son célèbre opéra est née et erre encore ici sur les côtes froides et brumeuses de Chiloé.

Au début du siècle dernier, les Jésuites, dans leur détermination évangélique, ont convaincu chaque petit village de se doter d’un lieu de culte. D’où ce joyau de l’île constitué des 180 chapelles et églises en bois coloré qui figurent dorénavant au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il faut souligner enfin que les marins Chilotes ont beaucoup donné à leur pays lorsque le Président O’Higgins les envoya à la conquête du sud -la région actuelle de Magallanes- afin de devancer les Argentins et de s’assurer la primauté sur ces territoires inhabités.

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                                    Les clochers fraîchement repeints de la cathédrale de Castro

Outre un petit périple en voiture à la découverte de quelques uns des plus beaux sites de l’île, notre halte à Castro nous a valu le plaisir de deux rencontres, l’une, improvisée, avec Philippe Poupon qui à l’occasion de son tour du monde en famille partageait notre mouillage. Etrange coïncidence, le très beau livre « Fleur Australe » qu’il a écrit avec son épouse Géraldine Danon fit partie de nos trésors de Noël.

L’autre rencontre, très attendue, nous a permis de passer une soirée amicale et passionnante chez Catherine, amie d'un autre Jean-François, chercheur au CNRS et spécialiste des civilisations pré-colombiennes qui nous a généreusement documentés en vue de nos balades à venir en Bolivie et au Pérou. Catherine, en compagnie de sa fille Isabelle et de sa petite fille Emilie nous a magnifiquement reçus dans sa superbe maison un peu perdue dans les hauteurs du campo, à une petite dizaine de kilomètres de Castro. Il est bien difficile de résumer sa vie de pionnière en quelques lignes sauf à dire qu’elle et son mari furent d’étonnants  entrepreneurs dans cet incroyable bout du monde. Après s’être investis dans l’exploitation du bois, leur activité fut dévolue à la sphaigne, une mousse à l’origine de toute la vie botanique de notre planète et très prisée pour la culture des orchidées ou la création de murs végétaux.  Nous avons reçu un accueil délicieux dans une maison pleine de charme et de lumière, merveilleusement ouverte sur la chaîne des Andes et sur l’entrelacs des îles et des bras de mer parcourus la veille. Nous avons beaucoup appris sur le Chili et les Chiliens, Chiloé et les Chilotes, les conditions de vie dans le campo, la beauté de la carretera austral qui sillonne la Patagonie du sud, les vertus de la sphaigne ; mais aussi ressenti quelle énergie et quelle détermination se cachaient derrière l’aboutissement de telles entreprises… L’un des bonheurs du voyage est celui de la rencontre et de la découverte et cette soirée fut à ce titre un moment doublement privilégié. Attention touchante : Elisabeth, amoureuse des orchidées, s’est vue livrer le lendemain matin, des mains mêmes de Catherine, un bon kilo de sphaigne à destination de ses plantes favorites...     

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                                                              Chez Catherine

Vendredi, nous achevons notre périple nautique par une escale à Quemchi au coucher de soleil flamboyant et quittons Chiloé en saluant les pélicans, loups marins, dauphins, manchots, canards vapeurs  qui ont animé notre parcours de leurs démonstrations, ainsi que les hortensias au bleu si profond, les rosiers exubérants, les acanthes et les guneras géantes qui nous ont réjoui de leurs présences épanouies. A bord, il se lit Isabel Allende, Coloane et les mémoires de Pablo Neruda, les vies de Madeleine Castaing et d’Hélène Castel, le célèbre Valparadis d’Alain Jaubert et les aventures maritimes signées O’Brian, sans oublier les récits des mythes et légendes de Chiloé. On écoute de la musique chilienne ou chilote tout en anticipant déjà les sonorités de l’île de Pâques.

 

                                    Pélican

Elisabeth s’est très vite adaptée aux conditions de sa toute première croisière qui se voulait placée sous le signe d’Eole et nous espérons que Jean-François vivra quelques journées sous voile lors de notre remontée  vers Valparaiso.  Quant à Arielle gageons qu’après sa dure expérience de la Refeno en 2010, elle a pu apprécier la clémence des conditions météo. En bref une croisière, toute en chaleur et en douceur pour clôturer notre vie de Patagons. 

Samedi, cette belle semaine se conclut par une promenade le long du lac Llanquihué puis des somptueux Saltos du Rio Petrohué, au pied du volcan Osorno. Puis, les noces d’émeraude d’Elisabeth et de Jean François se fêtent dignement au Fogon de Pepe où la viande est, qu'on se le dise, une des meilleures de l'Amérique du Sud. Dimanche, Jérôme et son fils Léon viendront nous rejoindre de leur résidence de Santiago pour nous accompagner dans les jours qui viennent de Puerto Montt à Viňa del Mar (Valparaiso).

PS : les photos correspondant à cet article figurent dans l'album : S4-2 A la poursuite du Vaisseau Fantôme.

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 19:04

Le 6 janvier 2013, nous avons rebasculé de l’autre côté de notre vie.  Alioth nous attendait à Puerto Montt sur le terre-plein du club Reloncavi où, sous la vigilance d’Oscar, les effets  de l’humidité de la région de Los Lagos lui ont été épargnés. La végétation est en fête en ce début d’été et la nature a fait le plein de chlorophylle. Le temps est capricieux : pluie, vent, ciel gris alternent avec de belles périodes d’ensoleillement qui font subitement grimper des températures  plutôt fraîches et dardent nos peaux de leurs rayons acérés.  La baie Reloncavi, au fond de laquelle loge la ville de Puerto Montt, nous joue la revue de ses magnificences : volcans aux sommets enneigés, îles en chapelets, magie des espaces maritimes… un décor tout en contraste avec  la pauvreté des habitations.

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                                            Alioth sur le travel lift au club nautico de Reloncavi

Nous retrouvons ici le petit monde des circumnavigateurs. Parmi eux, l’américain Richard (Abrazo) qui se fait désormais dénommer Ricardo et ne parle plus qu’espagnol tant sa détermination à obtenir un visa de longue durée est grande ; mais aussi son compatriote Denis qui vient de vendre son Karma (et oui, c’est possible !) en saisissant  les opportunités du marché local. Les pavillons français restent malgré tout majoritaires dans la population des bateaux de passage. Stéphanie et Fred ont achevé leurs travaux pharaoniques et guettent la météo pour entamer leur traversée du Pacifique sur Sérénité, enfin à même d’assumer un nom décidément bien ambitieux. Catherine et Bernard, sur Cypraea, préparent un départ prochain qui les mènera en Polynésie (selon Bernard) ou en Patagonie (selon Catherine) : décision dans les tous prochains jours…  Quant à Dominique et Marie-Edith, les propriétaires de  Pégase avec lesquels nous avons partagé quelques aventures lors de la saison passée, ils doivent atterrir de Paris dans quelques jours.

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                                                    La marina du club nautico Reloncavi

Pour Alioth, la période est celle des travaux de reprise et de remise en route. Délaissés, les Alioth bis et Alibendoudou du Vendée Globe virtuel : l’heure a sonné du retour à la vie réelle. Pour satisfaire notre éternelle quête du Graal (la mise au point de la trinquette), Luc s’est livré à un judicieux étarquage de l’étai pour une amélioration de performance que nous espérons confirmer en mer. Moteur, cuisinière, chauffage, groupe électrogène, dessalinisateur -bichonné en fin de saison passée par Fred et Gérard-, ont très docilement repris du service.

 

La mise à l’eau, fut, en revanche, cause d’une forte frayeur.  Après une nuit passée en suspension sur le travel lift pour raisons de peinture de quille, l’opération s’est déroulée le 10 janvier, jour de grande marée. A la mise en route, le câble arrière tribord est sorti de sa gorge, pour porter sur le seul axe de la poulie…  Les quelques longues minutes qui nous séparaient de la surface de l’eau,  nous ont laissé craindre le pire, et pour Dominique qui, très exposé, versait de l’eau en continu pour refroidir le câble, et pour le bateau qui se serait écrasé au sol en cas de rupture. Tout s’est heureusement bien terminé, mais l’aventure aurait pu tristement s’arrêter sur les quais de Puerto Montt …

 

Ces derniers jours le beau temps établi évoque les belles journées de juillet en Normandie. Dimanche 13, sur le registre des amis d’amis jusqu’alors inconnus, Chantal, Philippe et leur fils Nicolas qui a entrepris depuis un an le périple de la panaméricaine, sont venus à bord où nous avons passé un agréable moment à faire connaissance.  Une escapade à Puerto Varas, sur les bords du lac Llanquihue, nous a permis de conclure la journée  par un circuit touristique : plages envahies, volcans immuables et typiques maisons coloniales allemandes.

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                                                 A bord avec Chantal, Philippe et Nicolas

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                                               Maison coloniale allemande à Puerto Varas

Pour notre plus grand plaisir, un quatrième chef de bord, miniature d’un des portraits sculptés des Hommes d’équipage offerte par Cécile Raynal, nous gratifie de sa présence. Placé à un poste stratégique, il veille tant sur l'horizon que sur la table à cartes : bienvenue à bord Commandant !  

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      Enfin, à l’intention des écoliers qui suivent notre voyage, nous précisons qu’ici c’est l’été et les grandes vacances. Tous les petits chiliens se précipitent sur les plages et se baignent dans l'eau très fraîche du Pacifique ou plus tempérée des lacs de la région.  Par ailleurs le Père Noël nous a démontré que dans l’hémisphère sud, il se tenait  tête en bas et pieds en l’air :

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Vendredi, Arielle accompagnée  d’Elisabeth et Jean-François, amis d’Arielle et Dominique, nous rejoignent pour  une semaine de navigation du côté de Chiloé. A bientôt la joie de les accueillir et de reprendre la mer !

PS - Les photos (peu nombreuses en raison d'une mauvaise connexion) correspondant à cet article figurent dans l'album "S4-1-Puerto Montt" 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 18:50

Nos vœux les plus chaleureux accompagnent les prémices de l’année 2013 : bonheur et  santé pour vous-même et tous vos proches et souhaits de paix et de bien être pour tous les habitants de notre petite planète.  

Pour nous, s’annonce le plaisir d’un nouveau départ, le 5 janvier 2013, destination Puerto Montt – Chili. Voici l’occasion pour notre fidèle blog de reprendre du service et c’est avec plaisir que, par son intermédiaire nous continuerons à partager écrits et photos de notre voyage et à rester en relation avec vous tous.

Quelques petits conseils :

Si vous voulez que vous soit communiquée chaque nouvelle publication d’article, inscrivez-vous en bas de la colonne de droite de la page d’accueil du blog www.team-alioth.fr : à la rubrique Newsletter, indiquez votre adresse e-mail, cliquez sur ok, c’est fait !

Pour ce nouveau périple, les albums photos du blog seront classés en S4 (pour Saison 4) et seront successivement numérotés en S4-1, S4-2 etc… Sauf oubli, chaque article vous indiquera en post-scriptum le n° de l’album correspondant.

Si vous voulez suivre la position du bateau, portez dans vos favoris le lien suivant : http://www.stw.fr/localisation/show-position-bateau.cfm?user_id=29041. D’un simple clic, vous pourrez nous rejoindre !  Pas d'impatience, notre vrai départ pour la traversée du Pacifique se fera  fin mars.

Bon réveillon à vous toutes et tous et à bientôt !

Le team Alioth

                                contact 11 alioth[1]

                                        Une photo qui date un peu...

                                          (crédit photo : Gérard P)

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